YOICHI OHIRA

Japon

Né en 1948

Designer Yoichi Ohira

« (…) Ohira se familiarisa avec l’univers du verre de Murano en travaillant avec la Fucina degli Angeli, la verrerie d’Egidio Costantini, et en créant une collection de pièces en verre fin intitulée Venezia e l’Oriente (« Venise et l’Orient ») pour la Vetreria De Majo. Il décida ensuite de devenir un artiste indépendant, de ne travailler sous contrat pour aucune des verreries de l’île, de ne réaliser que des pièces uniques, et ce, en collaboration avec les meilleurs maîtres verriers, c’est-à-dire avec des ateliers triés sur le volet.(…)

 

L’insertion d’éléments transparents dans des surfaces opacifiées – par le truchement de fenêtres ouvrant sur un fini mat – confère à ces œuvres de vibrants effets lumineux tandis que l’introduction de poudres de verre aux couleurs contrastées, disposées de manière à accentuer les lignes de suture des baguettes de verre, contribue à mettre en lumière la composition formelle mais crée aussi un motif abstrait rythmé par une sorte de ponctuation.(…)

 

Dans les pièces de la collection Opacità e trasparenze (« Opacité et transparences », 1998-1999), l’opacité et la transparence, auxquelles il est fait référence dans le titre, alternent et semblent engager un dialogue continu et harmonieux. Ces pièces, de plus grandes dimensions que celles des collections précédentes, sont presque complètement closes : se suffisant à elles-mêmes, elles ne présentent qu’une ouverture très étroite, située à l’extrémité du col.(…) On est loin de la géométrie et de la symétrie caractéristiques de l’œuvre de l’artiste un an plus tôt.(…)

 

Tirant parti du savoir-faire acquis – qui demeure le fondement de tout son œuvre -, il mit à profit ce temps de réflexion pour prêter surtout attention à la forme des objets, ce qui déboucha finalement sur les formes simples, nettes et réduites à l’essentiel des séries Silenzio (« Silence ») et Metamorfosi (« Métamorphose ») aux motifs ornementaux et aux couleurs judicieusement minimisés.

 

L’arrivée de Giacomo Barbini à la verrerie d’art Anfora offrit à l’artiste de nouvelles possibilités d’expérimentation.

 

Le talent et la sensibilité de graveur et sculpteur de Barbini sont connus à Murano. Les créations d’Ohira, qui dénotaient jusqu’alors un usage limité du battuto1 et l’habituel recours à une légère gravure à la roue2, commencèrent à présenter de profonds sillons et de vives arêtes convenant particulièrement bien à une surface compacte et solide comme celle caractéristique des pièces de la série Gioco del Fuoco (« Jeu du feu »), dans lesquelles les baguettes de verre jaune opale prennent, sous l’effet de la chaleur, les multiples nuances de l’agate avant d’être pleinement mises en valeur par une utilisation magistrale de la gravure à la roue.(…)

 

Ces œuvres se caractérisent souvent par l’inclusion d’un thème très cher à Ohira, à savoir celui de la « fenêtre », dont le verre transparent est utilisé pour instaurer un rapport extrêmement fascinant entre transparence et opacité, entre extérieur et intérieur, un intérieur où apparaît dès lors tantôt un motif abstrait, tantôt un arbre, une rue ou un coucher de soleil vénitien.(…)

 

En 2006, Ohira tourna son attention vers le cristal incolore. La nouvelle collection d’Ohira Cristallo3 Sommerso4 est emblématique des années que l’artiste passa à étudier à l’Accademia di Belle Arti à Venise, sa ville d’adoption. Cette série se caractérise par des formes compactes et cohérentes.(…)

 

C’est précisément en raison de cette proximité avec le verre qu’Ohira exprime sa profonde gratitude à tous ceux qui contribuent à la réalisation de ses œuvres : Renzo Ferro, responsable de la composition du verre ; Andrea Zilio, qui a succédé à Livio Serena, maître souffleur ; et Giacomo Barbini, maître sculpteur et graveur. Trois hommes qui, avec lui-même, forment ce qu’il appelle affectueusement « Le Quatuor de Murano ». »

Vase Yoichi Ohira

DU MÊME DESIGNER :

Unique vase rouge

YOICHI OHIRA1999
vase Yoichi Ohira

VASE OHIRA

YOICHI OHIRA1999