JEAN PROUVÉ

1901-1984
France

« Tout ce que j’ai fait a toujours découlé d’une pensée qui était instantanément constructive. Je n’ai jamais eu une vision ou une forme à l’esprit, je n’ai pas de style. Je n’ai jamais dessiné de formes. J’ai fait des constructions qui avaient une forme. »

• Jean Prouvé •

Architecte et designer, Jean Prouvé est un véritable pionnier dans les deux domaines : redécouvert dans les années 1990, il est l’une des figures les plus importantes du XXe siècle, grâce à sa participation à la reconstruction architecturale et urbanistique de l’après-guerre, son mobilier et ses apports théoriques. 

Apprenti orfèvre chez Émile Robert, Enghien et Szabo à Paris, Jean Prouvé travaille d’abord le fer forgé avant de découvrir la soudure électrique et les propriétés de la tôle pliée : matériau intrinsèquement associé au nom de Jean Prouvé, il lui permet de créer des corps creux et gagner en résistance. Virtuose du métal, il pousse ses propriétés à son paroxysme autant dans le domaine architectural que dans la conception de meubles. Il met également au point des structures en série ingénieuses facile à assembler, s’adaptant à différents environnements et permettant une simplification du transport et du montage/démontage. « Il n’y a pas de différence entre la construction d’un meuble et d’une maison », comme le souligne lui-même le créateur, révolutionnant ainsi le design et l’architecture.

D’un simple atelier en 1924, il crée les Ateliers Jean Prouvé en 1931 avant de s’agrandir encore avec sa fabrique de Maxéville en 1947, comptant 200 employés pour produire maisons, écoles et mobilier. En 1930 il fait parti des membres fondateurs de l’Union des Artistes Modernes (U.A.M.) aux côtés de Le Corbusier et Charlotte Perriand. Il se fait remarquer dès les années 1930 grâce aux équipements de la Cité Universitaire de Nancy en 1932 puis c’est la Maison du Peuple à Clichy (1935-1939) qui le met sur le devant de la scène : réalisée en collaboration avec les architectes Beaudoin et Lods, avec une structure en acier et en verre, il emploie ses procédés de préfabrication. Durant la Seconde Guerre Mondiale, il fait parti de la Résistance et devient maire de Nancy après la libération où il dessine et construit des maisons pour les sans domiciles. Ses contributions à la reconstruction sont immenses : la Cité Universitaire d’Antony (1954) n’est que l’exemple le plus célèbre de ses maisons et écoles démontables, éléments d’architecture et équipements qui le rendent célèbre. 

Sa vie est très riche : son mobilier est distribué en exclusivité par le grand galeriste parisien Steph Simon dès 1956 ; entre 1957 et 1968, il pilote le bureau de construction de la Compagnie Industrielle de Matériel de Transport (CIMT) à Paris puis prend la direction d’un bureau parisien en tant qu’architecte conseil indépendant jusqu’en 1984 ; entre 1957 et 1970 il est également professeur au Conservatoire des Arts et Métiers (CNAM) assurant une transmission de ses connaissances et de sa pensée ; en 1971 il est le président du jury du concours pour la construction du Centre Pompidou et défend le projet vainqueur de Piano et Rogers. 

Jean Prouvé a autant œuvré pour les collectivités et les espaces publics que pour les lieux privés : génie humaniste, sa « pensée constructive » lie fortement fabrication et fonctionnalité, utilisation rationnelle des matériaux et économie, le tout guidé par son utilisation de la production en série. Cette combinaison parfaite vaut à Jean Prouvé d’être au Panthéon des architectes et designers •

CATALOGUE :

Chaise Standard noire

JEAN PROUVÉ1950

Chaise Standard blanche

JEAN PROUVÉ1950

Chaise Standard noire

JEAN PROUVÉ1950

Lit de repos SCAL

JEAN PROUVÉ1954