Kenzo Tange

1913-2005, 

Japon

Kenzo Tange (丹下健三) est un architecte et urbaniste japonais. Connu comme le « Père de l’architecture japonaise contemporaine », il est l’une des figures tutélaires du mouvement moderne au Japon, largement reconnu à l’international. Ses réalisations à Hiroshima et Tokyo sont des icônes depuis leur création.

Un architecte aux mille et un monuments

D’abord diplômé de l’École des Hautes études d’Hiroshima, il poursuit ses études au département d’architecture de l’Université Impériale de Tokyo (Tokyo Imperial University, aujourd’hui renommée University of Tokyo). Il débute sa carrière dans l’agence de Kunio Maekawa (1905-1986), ancien disciple de Le Corbusier (1887-1965), auprès duquel il se familiarise avec les principes de la Modernité.
Les projets qu’il mène à Hiroshima le propulsent sur le devant de la scène aussi bien japonaise que mondiale : le Musée de la Bombe Atomique (1949) est l’un de ses bâtiments emblématiques dans lequel son geste architectural radical, simple et brutaliste, s’expose déjà. Sur le même site, il est également en charge de l’aménagement plus vaste du Parc de la Paix : il invite notamment Isamu Noguchi (1904-1988) à réaliser les rampes de deux ponts du site, les futures Ikiru (Vivre) et Shinu (Mourir) – plus tard renommées Tsukuru (Construire) et Yuku (Partir).

À la tête de sa propre agence, Studio Kenzo Tange (devenue Kenzo Tange Associates en 1981), sa carrière est fulgurante et prospère : il signe des bâtiments grandiloquents, qui font encore école, comme la cathédrale Sainte-Marie (1955-1964), la mairie de Shinjuku (1991, la même année que le bâtiment Grand Écran à Italie 2 à Paris), le siège de la télévision Fuji (1996) ou encore la tour Mode Gakuen Cocoon (2008). Tokyo reste son terrain de jeu favori : il y signe d’ailleurs son manifeste architectural, le Yoyogi National Gymnasium, en 1963. Ce site comprends deux stades couverts, imposants, élégants et puissants afin de marquer les premiers Jeux Olympiques organisés en Asie en 1964. Parfaitement fonctionnelle, cette immense coquille utilise les matériaux typiques de la Modernité : l’acier, le verre et le béton. Il met cette combinaison au service des principes d’harmonie et d’ampleur qu’il défend. Sa forme est une ode au Japon traditionnel : évoquant à la fois une pagode et un motif héraldique primitif, ce véritable vaisseau spatial met en exergue la volonté de Kenzo Tange de renouveler la tradition. 

Harmonie du béton et avant-gardisme respectueux

Tant dans le domaine de l’urbanisme que de l’architecture, Kenzo Tange crée dans un soucis permanent d’équilibre et se base sur le modèle biologique de la mutation qu’il adapte à l’échelle de la ville afin de prendre mieux en considération son évolution et les flux. Sa proposition de restructuration de Tokyo en 1960 autour d’un axe longitudinal et non d’une hiérarchie centripète classique en est sans doute le meilleur exemple.
Souvent qualifiée de « Brutalisme lyrique », son architecture se caractérise par sa parfaite maitrise à actualiser la tradition : un avant-gardisme respectueux ou une tradition de rupture ; le tout souvent magnifié par son matériau de prédilection, le béton brut. L’engagement de Kenzo Tange est d’une incroyable prégnance comme le prouvent ses propres mots : « la construction est l’espoir de l’homme du XXe siècle, mais elle engage aussi sa responsabilité envers l’homme du XXIe siècle. »

Kenzo Tange est l’un des architectes les plus importants du XXe siècle et ses dires reflètent parfaitement la nouvelle définition de la création japonaise qu’architectes et designers mettent en place durant le siècle : « la synthèse dialectique entre tradition et anti-tradition représente la structure idéale de la vraie création ». En 1987, il reçoit le prix Pritzker, la plus haute distinction pour un architecte, la consécration ultime.

Œuvres de Kenzo Tange

Archives de Kenzo Tange